tiens je connaissais pas du tout marcel uderzo
https://x.com/ArkeoToys/status/2048164100241551799?s=20
et en plus il écrivait sur les forums
Pour rĂ©pondre Ă votre question, aprĂšs avoir travaillĂ© 20 ans dans lâatelier familial comme luthier avec mon pĂšre (confection de guitares), il arriva le jour oĂč il voulu prendre sa retraite, câest lĂ que jâai formulĂ© le dĂ©sir de travailler avec mon frĂšre. Tout en travaillant Ă mi-temps avec mon pĂšre, jâai dĂ» mâentrainer durant un an chez moi, sans ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©, pour acquĂ©rir les techniques exigĂ©es et une bonne pratique afin de le seconder.
Une fois prĂȘt, jâai travaillĂ© sur « Tanguy et LâAverdure » en traçant trois albums, tout en oeuvrant sur quelques planches dâAstĂ©rix, mais le petit Gaulois prenant de plus en plus dâimportance auprĂšs du public, Albert mâa alors demandĂ© de mây consacrer exclusivement en traçant Ă lâencre sur ses dessins. Jâai rĂ©alisĂ© Ă©galement les couleurs ainsi que tous les droits dĂ©rivĂ©s en crĂ©ant entiĂšrement des visuels adaptĂ©s pour ça (petits livres, papiers peints, verre Ă moutarde etc).
Pour rĂ©sumer, jâai donc commencĂ© en 1965 sur « AstĂ©rix et ClĂ©opatre » jusquâĂ lâalbum « Les lauriers de CĂ©sar », petite interruption de deux ans (de 1972 Ă 1974) jâai repris avec « La grande TraversĂ©e » et mon dernier album Ă©tait « AstĂ©rix chez les Belges », dont la derniĂšre page se termine par un banquet final (façon tableau de Bruegel) que jâai entiĂšrement rĂ©alisĂ© seul chez moi en une journĂ©e. Ce qui me fait, je pense, un total de 16 albums dâAstĂ©rix. Dâailleurs, grĂące Ă ma participation, ont voit nettement que Dargaud sortait deux albums par an au lieu dâun seul comme au dĂ©but.
Ensuite, aprĂšs avoir supportĂ© maints « misĂšres » de mon aĂźnĂ©, jâai voulu faire cavalier seul. Câest cette indĂ©pendance soudaine que mon frĂšre nâa pas supportĂ©e et ne mâa jamais pardonnĂ©e. Depuis, nous ne nous voyons plus, mais nous nous saluons aux enterrements familiaux.
Votre Ă©tonnement sur le sujet est bien naturel puisque, en accord avec son scĂ©nariste, mon frĂšre ne parlait jamais de moi, ni Ă lâĂ©poque oĂč, par mon travail je participais Ă la sortie de deux albums par an, encore moins maintenant. Câest vrai que je rĂ©alisais aussi le lettrage qui complĂ©tait lâencrage des dessins suivit ensuite des inĂ©vitables couleurs, cela faisait partie de mon travail. Depuis, plusieurs avocats mâont suggĂ©rĂ© que câest probablement la peur que je leur demande des droits dâauteurs quâon me planquait dans les placards, alors quâĂ lâĂ©poque je ne pensais vraiment pas à ça, je voulais juste apprendre mon nouveau mĂ©tier et faire au mieux. Je me serais seulement contentĂ© dâĂȘtre reconnu par ces deux auteurs que jâadmirais pour leur talent.