Bah non câest pas le principe.

alors le protectionisme non mais sauf pour les albums de kid paddle ?
Dans le principe jâai rien contre le protectionnisme perso.
En tout cas ça marche bien pour le cinéma français, autant le faire pour la bd. Dans 10 ans on aura notre Akira Toriyama.
Aaah ben voilà , ça devient tout de suite plus clair comme ça.
Le protectionnisme, câest, dans ma comprĂ©hension, soit pour te protĂ©ger dâune concurrence dĂ©loyale (qui me semble ĂȘtre un autre sujet que le fait que les Japonais ne soient pas aux 35 heures), soit pour protĂ©ger une industrie naissante et pas encore compĂ©titive face Ă la concurrence internationale, mais qui a vocation Ă le devenir.
LĂ , trĂšs honnĂȘtement, Ă part renchĂ©rir lâaccĂšs Ă la bande dessinĂ©e et dĂ©sinciter les auteurs Ă forcer leur talent, je ne vois pas ce que les Français y gagneraient.
Le gros problĂšme de la BD franco belge vient des maisons dâĂ©dition : le marchĂ© est sur saturĂ© depuis quinze ans, avec des Ă©diteurs qui sortent des tomes 1 dâune nouvelle sĂ©rie en espĂ©rant avoir le nouveau XIII ou LW dans leur catalogue. Pour lâannuler quelques tomes plus tard parce la sĂ©rie ne fonctionne pas (au niveau quâils voulaient).
Il y a une rĂšgle qui existe en BD: le premier tome dâune sĂ©rie est le tome le plus vendu de toute la sĂ©rie. Et quand on voit la politique des maisons dâĂ©dition depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, les lecteurs ne veulent plus acheter les tomes au fur et Ă mesure des sorties. Beaucoup attendent la fin de la sĂ©rie ou lâintĂ©grale pour lancer les achats. Ăa fait dix ans que tout les acteurs savent que lâindustrie de la BD telle quâelle est aujourdâhui va droit dans le mur.
Rien quâune bonne taxe ne sache rĂ©gler ![]()
Je lâavais pas entendu dire ça, je trouve ça surprenant (sans remettre en doute bien sur). Pour moi, la visite rĂ©guliĂšre en librairie pour voire les sorties, ça participe du plaisir. Je peux plus le faire comme avant, mais ado-jeune adulte, jây allais 1 fois par semaine. Dans la librairie BD ou jâallais, il y avait des grand panneaux accrochĂ© Ă cotĂ© de la porte listant les nouveautĂ©s du mois. (je trouve pas de smiley :nostalgie ⊠ptĂȘt
?)
Câest logique Ă la rĂ©flexion, si les sĂ©ries qui dĂ©butent sont souvent arrĂȘtĂ© ou nâont pas de suite, ça devient ârisquĂ©â dâacheter le 1er tome, contrairement au manga ou au comic qui arrive chez nous aprĂšs un succĂšs ailleurs et plusieurs livres dĂ©jĂ dessinĂ©es.
Le protectionnisme sur la BD ça nâa pas beaucoup de sens, les Ă©diteurs qui font de la BD Ă©trangers sont français. Et certains auteurs de BD franco Belges sont Ă©trangers, jâai Blacksad en tĂȘte.
Si on veut dĂ©fendre les auteurs nationaux, la mĂ©diation culturel me parait plus pertinente. CrĂ©er des Ă©vĂšnements pour âcasserâ lâeffet de nouveautĂ© qui fabrique la fuite en avant (qui bĂ©nĂ©ficie Ă plein pour les manga et les comics avec le formatage de mĂ©thodes de production) par exemple. Jâai pas dâautres idĂ©e qui me vienne comme ça, mais je veux dire que câest plus un travail dâaide Ă la dĂ©couverte du lecteur quâune modification des intĂ©rĂȘts financiers des Ă©diteurs qui peut avoir un impact.
Universal War Two ![]()
Bah oui⊠Tout les mangas sont édités par des boßtes françaises ou européennes⊠![]()
Ta citation me fait voir ma faute⊠de la BD étrangÚres donc ![]()
Va voir sur les fora de BD, câest une tendance depuis 2010 environ, trop de sorties, trop de nouvelles sĂ©ries, trop vite abandonnĂ©es car pas assez populairesâŠ
Aujourdâhui, tu va dans une librairie, la masse de nouveautĂ© est telle que tu passes Ă cĂŽtĂ© de trop de choses.
En trente ans, la librairie dans laquelle je vais depuis que jâai quinze ans a dĂ©mĂ©nagĂ© trois fois, pour plus grand. Aujourdâhui quand jây passe, je reste une heure le temps de faire le tour des nouveautĂ© et de checker quelques sĂ©ries que jâai en cours et dont jâai loupĂ© la sortir dâun tome. Mais Ă moins dâĂȘtre citadin et de passer devant ta librairie une fois par semaine, la chasse Ă la nouveautĂ© (et la bonne nouveautĂ©) câest sur les forums grĂące soit Ă des noms plus ou moins connus dâauteurs, soit Ă une bonne communication de la maison dâĂ©dition.
Câest un peu la tendance de toute la production culturelle, non ? Trop de JV, trop de films, trop de sĂ©riesâŠ
Je sais pas comment tu fais pour passer 1h en librairie sur les bd aujourdâhui. De mon cĂŽtĂ©, je fais des checks rĂ©guliers mais je trouve la prod actuelle, pas forcĂ©ment mauvaise, mais tellement inintĂ©ressanteâŠ
Aujourdâhui dans un rayon bd ou en librairie tu trouves:
-sĂ©ries blockbusters sous perf ou reprises avec plus ou moins de talent (AstĂ©rix, Blake et Mortimer, Largo Winch, Michel VaillantâŠ)
-des spinoffs des premiĂšres suscitĂ©es (les mondes de Thorgal, la fortune des WinczlawâŠ)
-des bd historiques au dessin sans Ăąme
-de la bd dâactu engagĂ©e avec la subtilitĂ© dâun mammouth
-du roman graphique pour dépressives
-des nouvelles séries à la couverture aguicheuse mais que tu refermes aprÚs avoir feuilleté 3 pages..
Aujourdâhui je pense que je pourrais compter les vrais talents bd sur les doigts de mes deux mains et jâai vraiment plus le mĂȘme enthousiasme en passant au rayon bd que dans les annĂ©es 90-debut 2000 oĂč tu pouvais trouver Ă chaque nouvelle visite:
-du Van Hamme en pleine bourre avec Largo Winch, les MaĂźtres de lâorge (XIII et Thorgal Ă©taient sur le dĂ©clin mais ça allait encore on va dire)
-un Jodorowsky au top qui continuait Ă bousculer les codes Ă plus de 60 balais (Metabarons, Juan SoloâŠ)
-un Jean Dufaux qui commençait Ă sâimposer (Complaintes des Landes Perdues, Murena..)
-une scĂšne indĂ© en pleine Ă©closion, portĂ©e par lâAssociation (lâAscension du Haut Mal, Persepolis, Pyongyang et Shenzen de Guy DelisleâŠ) et un Lewis Trondheim authentiquement marrant avec Lapinot
-un Yann qui se faisait pléz à jouer avec les réferences historiques (Pin Up) ou cinématographiques avec la complicité des Léturgie (Spoon & White)
-de la bd dâaventure qui envoie du bois (le TroisiĂšme Testament, Aquablue, De Cape et de Crocs, GarulfoâŠ)
-un Philippe Tome qui assurait avant le partage en vrille (Spirou, Soda, Berceuse AssessineâŠ)
-un Olivier Ledroit qui tabassait tout du haut de ses 25 ans (Xoco, Sha)
-un Marc Antoine Mathieu qui chamboulait tous les codes
-des comics inventifs et marquants (Maus, From Hell, Sin City, Long Halloween/Dark Victory, Calvin & Hobbes, BoneâŠ)
-les Nestor Burma de Tardi
Et des tas dâautres sĂ©ries qui Ă©taient pas forcĂ©ment ma came mais qui fĂ©dĂ©raient pleins de lecteurs (Lanfeust, Titeuf, UW1, Peter PanâŠ) et sĂ»rement pleins dâaugtres que jâoublie.
Je dis pas quâon nâa plus aujourdâhui quelques bons albums (1629, les Indes Fourbes, les Contes de la Pieuvre, le ConvoyeurâŠ) mais ils restent beaucoup trop rares et le paysage global ne tient pas la comparaison avec ce quâil Ă©tait il y a 25-30 ans.
LâidĂ©e dâune taxe est marrante mais elle viendrait dâun « dĂ©cideur »
:
Pour cet autre professionnel souhaitant garder lâanonymat, « aujourdâhui, en raison dâune diminution des lecteurs, entre 70 % et 80 % des BD publiĂ©es en France sont en dessous du seuil de rentabilitĂ©. Les 20 % qui restent supportent leur dĂ©ficit et leurs auteurs exigent dâĂȘtre payĂ©s toujours plus cher. De leur cĂŽtĂ©, les Ă©diteurs sont exsangues et lâinflation du papier depuis 2020 a dĂ©truit leurs marges. Ils ont bien rĂ©ussi Ă maintenir le prix des livres en dessous du seuil de lâinflation entre 2000 et 2020 â pour ne pas faire fuir les lecteurs â , mais ils nâont pas eu dâautre choix quâune correction sĂ©vĂšre post-Covid. Comment rĂ©soudre ce problĂšme systĂ©mique ? Faudrait-il publier moins de BD ? Ou inventer un nouveau modĂšle de financement ? »
Le festival en danger de mort⊠ou de décroissance ?
Et notre dĂ©cideur de suggĂ©rer la possibilitĂ© dâune nouvelle taxe sur le prix de vente des BD, un peu Ă lâimage de celle du CNC sur le ticket de cinĂ©ma, « pour sauver le tissu crĂ©atif français, surtout dans le contexte dâun marchĂ© aux recettes de plus en plus dominĂ©es par les crĂ©ations Ă©trangĂšres ». En attendant quâun nouveau paradigme soit trouvĂ©, un jour, pour prĂ©server lâavenir de lâindustrie, tous les regards sont tournĂ©s vers 2027 et la rĂ©surrection â ou la mort â du FIBD.
Pour cet autre acteur important du marchĂ©, les auteurs de BD francophones, dont certains ont appelĂ© de leurs vĆux Ă une « dĂ©croissance » du festival, vivent aussi le coup de balai anti-Bondoux comme une forme de « grand soir » un brin utopique : « La plupart des artistes ont une connaissance quasi nulle de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique dâun festival comme AngoulĂȘme. Certains imaginent quâils vont pouvoir reconstruire le FIBD Ă lâimage de leur idĂ©ologie et le faire revenir Ă une certaine taille humaine, avec moins de mĂ©cĂšnes privĂ©s et plus de pouvoirs publics. Or, il sâagit dâun festival de marque internationale, comme celui de Cannes pour le cinĂ©ma ou Avignon pour le théùtre. Câest le seul en France, pour la BD, avec un tel rayonnement. Il ne pourra pas fonctionner sans partenaires privĂ©s. Sans eux, il mourra, surtout au vu de lâĂ©tat des caisses publiques. Il faut espĂ©rer que pour le prochain appel dâoffres, les projets proposĂ©s soient Ă©conomiquement crĂ©dibles, avec les appuis de partenaires privĂ©s solides ».
Pas encore lue mais sa derniĂšre BD qui vient de sortir ![]()
Encore des punks a chiens qui chient partout et cassent tout pour ensuite espĂ©rer que lâĂ©tat leur donne de lâargent gratuit a vie. Ătonnant.
Jâai absolument rien compris aux dĂ©clarations de la prĂ©sidente ou du principal syndicat dâopposition. Ca parle de terribles complots et de trucs flous mais aprĂšs avoir tout lu on dirait une gueguerre entre ceux qui veulent Ă©crire auteurices et ceux qui disent auteur-trices.
De ce que je comprends le contentieux principaux est autour du fait que ce soit co-organisĂ© par une sociĂ©tĂ© privĂ©e qui doit sâen mettre plein les poches et attribuer les prix Ă qui ils veulent, et en face ya des gens qui avancent des arguments artistiques mais qui mâont lâair quand mĂȘme assez clairement politiques vu le manifeste de lâassoc : https://www.snac.fr/site/wp-content/uploads/2025/11/FIBD-3.O-DEF.pdf
Pour boucler avec le post de beauce, je pense que la bd française est morte parce que culturellement le dessin nâa plus aucune importance. Le boom 50-80 qui a permis aux grands noms dâapparaitre a coĂŻncidĂ© avec une percĂ©e dans la pub, les journaux, la tĂ©lĂ©, bref justement un dĂ©veloppement dâutilisation commerciale, portĂ©e par une certaine contre-culture (qui dâailleurs a toujours Ă©tĂ© mĂ©prisĂ© par les Ă©lites françaises). Câest comme se demander pourquoi le rock nâest plus Ă la mode, ou pourquoi les anime dâaujourdâhui sont mal dessinĂ©s.
Aujourdâhui (contrairement au japon) le dessin nâest plus utilisĂ© nul part sinon dans des albums de bd (je force le trait mais bon), donc forcĂ©ment les nouveaux auteurs ne sont que des super autistes ou des super escrocs et le public devient niche
Que le milieu de lâĂ©dition (pour bosser de loin avec certains, ce sont des mongoloides incompĂ©tents comme vous ne pouvez pas lâimaginer) soit encore Ă se demander comment ça se fait que les gens sortent plus 20 balles dans un Ă©niĂšme album de 50 pages au format A4 dâune sĂ©rie rincĂ©e⊠Il est largement temps de se remettre en question (ou de taxer ceux qui marchent parce que câest injuste)
