💬 Le topic BD de Gamerama - aka la rubrique nĂ©cro de Beauce

Bien, il est temps de se lancer dans la derniùre ligne droite


4eme partie - Les années 90-2000 - Sortie de piste

Fin des annĂ©es 80, nous sommes en plein coeur des annĂ©es Mitterrand et les cĂ©lĂ©brations du bicentenaire de la RĂ©volution envahissent l’espace culturel. Ca donne un sketch des Inconnus mais Ă©galement des films et parmi eux, Chouans! de Philippe de Broca sorti en 1988 qui met en scĂšne les affrontements entre royalistes et rĂ©publicains en Bretagne.

Sans doute inspiré par le contexte, le Nantais Jean Graton envoie son héros sur les cÎtes de Bretagne dans La Nuit de Carnac sorti en 1990.
L’album commence par retracer une bataille entre chouans royalistes et armĂ©e rĂ©publicaine.

Le capitaine royaliste est défait et cruellement achevé par un méchant officier républicain:

Michel Vaillant, venu en Bretgne pour y disputer une course d’offshore, fait la connaissance d’un pĂȘcheur local. Ce dernier l’invite Ă  dĂ©ambuler dans les alignements de Carnac et lĂ , on bascule dans un Ă©pisode de Scoobydoo:

Et oui! Michel Vaillant voit un fantîme, en l’occurence celui du capitaine royaliste occis dans l’intro.
L’occasion pour Michel et son nouveau pote de rendre justice à ses descendants 200 ans plus tard.
Spoiler: on apprend Ă  la fin de l’album que la voix entendu cette nuit Ă©tait en fait une bande audio dĂ©posĂ©e Ă  l’intention du vieux pĂȘcheur. Justification un peu faiblarde puisqu’elle n’explique pas pour autant l’apparition fantĂŽmatique.
C’est un album assez populaire de ce que je peux voir sur les critiques de lecteurs et on peut comprendre pourquoi: il est vraiment diffĂ©rent des autres et on sent qu’il revĂȘt une dimension personnelle pour Jean Graton. Mais de mon cĂŽtĂ©, je considĂšre que quand Michel Vaillant commence Ă  voir des fantĂŽmes, c’est peut ĂȘtre pas trĂšs safe de reprendre le volant ensuite.
Mais ce n’est que le dĂ©but


Revenons sur les circuits. Dans l’Affaire Bugatti, un pote de Steve Warson veut faire une course de vieilles Bugatti pour offrir un dernier plaisir Ă  son vieux papa malade. L’album est surtout prĂ©texte Ă  dessiner des carosseries de belles anciennes, notamment lors de la visite du MusĂ©e de l’Automobile Ă  Mulhouse:

C’est Ă©galement l’occasion de faire revenir l’ami Jacky Ickx qui ne rate pas une occasion de chambrer Warson:

Au passage, la fameuse « 6 roues Â» de Warson est une 59.50B qui Ă©tait visible au salon Retromobile de janvier dernier:

Bien sĂ»r, quelqu’un tentera de s’emparer de la collection de Bugatti avant la course mais Michel et ses amis veillent au grain. L’intrigue reste toutefois un peu faiblarde et une fois de plus l’album est surtout remarquable pour sa restitution graphique des voitures lĂ©gendaires.

On revient plus franchement dans la course avec Une Histoire de fous qui se tient pendant une Ă©dition des 24h du Mans du dĂ©but des annĂ©es 90. L’occasion d’y croiser Peugeot 905, Mazda 787B et autres lĂ©gendes de la pĂ©riode:

Détail amusant: la Vaillante de Michel affiche un 55 comme numéro de course, le numéro mythique de la 787B victorieuse en 1991:

ProblĂšme: la Vaillante de Steve Warson ne sera pas prĂȘte Ă  temps pour la course.
Mais vous vous souvenez de la vanne de Jacky Ickx dans l’album prĂ©cĂ©dent?
Eh bien Steve est prĂȘt Ă  tout pour rabattre le caquet du champion belge qui participe cette annĂ©e aux 24h chez Mercedes (dans la rĂ©alitĂ©, la derniĂšre participation de Jacky Ickx, sextuple vainqueur de l’épreuve, aux 24h sera en 1985 avec Porsche).
LibĂ©rĂ© par Vaillante pour l’occasion, Steve dĂ©cide donc de participer sous les couleurs de
 Leader!

Nolan est de retour Ă  l’écriture des dialogues.

Bien sĂ»r, c’est le bordel Ă  tous les Ă©tages: incomprĂ©hension de Michel, Papa Vaillant veut virer Steve et Julie le plaque (elle considĂšre qu’il court toujours aprĂšs Ruth).

MalgrĂ© la faiblesse de l’argument de base (Steve est un pilote un peu fantasque mais pas complĂštement teubĂ© au point de tout foutre en l’air pour une blague de Jacky Ickx), on se croirait presque revenu aux grandes heures de la sĂ©rie: du drama, des sentiments, de la course

Ca ne va pas durer.

Cette fois-ci, je vais écraser Jayce pour de bon avec mes monstroplantes!

J’étais gamin quand Le MaĂźtre du Monde Ă©tait dans les bacs des librairies et je comprenais pas bien le rapport entre Michel Vaillant et un Chinois dĂ©guisĂ© avec la cape de Spawn.
Et le déconomÚtre va effectivement passer un nouveau palier
Steve a désormais rejoint la team Leader, y compris en Formule 1 et il survole le championnat.
Mais plus que ça, Steve est DEVENU le Leader. Il revĂȘt donc le costume du maĂźtre:

J’ai vu, vous verrez.

On en apprend plus sur le groupe Leader et notamment sur l’organisation qui le gĂšre en sous-main. Il s’agit d’un peuple au pouvoir financier immense, qui contrĂŽle dans l’ombre des secteurs entiers de l’industrie. Leurs moyens comme leur soif de pouvoir semblent illimitĂ©s.

Je veux bien entendu parler des Tibétains:

:really:

Malgré ce soutien de poids, Michel parviendra à inverser la vapeur dans le championnat de Formule 1. et remportera un nouveau titre mondial.

A noter que cet album est l’un des seuls à faire apparaütre directement Ayrton Senna:

On notera par contre que Senna n’a jamais portĂ© le numĂ©ro 5 chez McLaren, numĂ©ro habituellement attribuĂ© Ă  Nigel Mansell chez Williams; en 1993, annĂ©e de sortie de l’album, il Ă©tait portĂ© par Michael Schumacher aprĂšs l’exil de Mansell en CART.
Et tant qu’à pinailler, Honda n’était plus le motoriste de McLaren en 1993
 Bref, y’a du laissez-aller dans le studio Graton.

Apparition Ă©galement de Jean Alesi, dĂ©jĂ  entrevu dans l’album F3000:

Haha, un peu d’humour ne fait jamais de mal.

C’est Ă  partir de l’album suivant, La Piste de Jade, que Philippe Graton est crĂ©ditĂ© sur les albums pour le scĂ©nario aux cĂŽtĂ©s de son pĂšre. Steve se rend au Vietnam pour nĂ©gocier au nom de Leader la crĂ©ation d’un rallye. Il tombe cependant dans un piĂšge et c’est Julie Wood qui franchira les mers pour l’en sortir. Mais inconscient la plupart du temps, Steve n’aura pas l’occasion de la remercier et de recoller les morceaux.

Bref, un album plutÎt orienté action mais pas spécialement mémorable pour ma part.

On revient Ă  la Formule 1 avec Paddock, un album se situant durant l’ultime Grand Prix d’AdelaĂŻde (aprĂšs 1995, ce circuit urbain ne sera plus utilisĂ© pour la F1). La plupart de l’action se dĂ©roule en coulisse avec une sombre histoire de paris et de sabotages, une intrigue relativmeent bien ficelĂ©e mais pas bien passionnante pour autant. Steve viendra sauver la mise en fin d’album et empĂȘche le mĂ©chant de s’enfuir en lui rentrant dedans par inadvertance au volant de sa Mustang:

C’est encore une Ferrari Spider que les bad guys ont choisi, mais une 348 cette fois ci.

Retournons plutĂŽt planer un petit peu avec La PrisonniĂšre. L’album commence pendant la prĂ©paration des 24h du Mans. En pleine nuit, Michel se rĂ©veille et, dans un remake d’une scĂšne du FantĂŽme des 24h, il est irresistiblement attirĂ© vers les tribunes du circuit. Et lĂ , il voit
 LE LEADER, le vrai (enfin, son khĂą plutĂŽt)! Celui-ci Ă©tait pourtant censĂ© ĂȘtre mort il y a plusieurs annĂ©es dans son Tibet natal.

Et oui, vous lisez Michel Vaillant: on y parle de retour de la mort et de projection astrale.

Le Leader tente de prĂ©venir Michel d’un danger qu’il va courir sur la piste. De fait, aprĂšs un accident de course, Michel se retrouve en compagnie de Steve Warson dans un avion pilotĂ© par Bob Cramer direction le Tibet!
Steve veut en effet connaĂźtre le sort de Ruth. Ne concevant pas qu’elle puisse ĂȘtre derriĂšre l’attentat qui le visait au Vietnam, il suppose que celle-ci est retenue contre son grĂ© par les mĂ©chants TibĂ©tains.
AprĂšs quelques pĂ©ripĂ©ties dans la citadelle du Leader, nos hĂ©ros parviennent Ă  s’échapper avec la complicitĂ© de Bob Cramer et se rĂ©fugient dans un temple oĂč il retrouvent
 le Leader en chair et en os cette fois-ci:

Wooooow
 :sarkgave:

L’album est Ă©galement Ă©trange du point de vue graphique. Si, sur certains pages, les traits des visages semblent sĂ»rs et affirmĂ©s, ils sont sur d’autres pages plus approximatifs.

Zappons Victoires OubliĂ©es qui est une collection d’histoires courtes des annĂ©es 70 et passons directement sur La FiĂšvre de Bercy, un album qui prend pour contexte la compĂ©tition de karting qui y est organisĂ©e.
Cet album confirme que la dĂ©gradation du dessin est bien entamĂ©e. Ainsi, Steve Warson amorce sur cette case une mĂ©tamorphose en orang-outan alors que Michel semble ĂȘtre passĂ© par une phase de lifting:

C’est tout de mĂȘme l’occasion d’y voir tout le gratin de la course automobile (sans doute rendu plus facile par le contexte hors-Formule 1):

Jacques Villeneuve et Henri Pescarolo

Michael Schumacher

Alessandro Zanardi

image

Et, contrairement Ă  ce que j’avais dit, Alain Prost (mais retraitĂ© de la Formule 1)

L’intrigue elle-mĂȘme est Ă©talĂ©e sur deux albums, celui-ci et Le $pon$or. Les Vaillant doivent faire face Ă  leur nouveau sponsor dont on leur rĂ©vĂšle que celui-ci se livre Ă  du trafic de donnĂ©es et blanchiment d’argent, agrĂ©mentĂ© de mĂ©thodes mafieuses.

On sent que Philippe Graton essaie de faire un aggiornamento thĂ©matique sur la sĂ©rie avec plus ou moins de bonheur. Le dessin de plus en plus approximatif des personnages et l’arrivĂ©e des couleurs par ordinateur contribuent Ă  faire des albums de cette pĂ©riode une espĂšce de sous-Largo Winch.

Mais avec leurs visages figĂ©s (qui semblent parfois recopiĂ©s d’autres albums) et leurs postures dĂ©calĂ©es par rapport Ă  l’action, les personnages nous entraĂźnent peu Ă  peu dans les profondeurs de l’uncanny valley.

Euh, Jean-Pierre, ça va?

Jean-Pierre?!?

image

PARLE-MOI, JEAN-PIERRE!!

Les Graton nous renvoient sur les pistes du Dakar avec Cairo! , album oĂč le dessin des personnages descend encore d’un cran:

La sensation est d’autant plus Ă©trange que le dessin des caisses reste lui de trĂšs haute tenue:

Dans cet album, l’équipage des Texas Driver est recomposĂ© et leur mission est de fournir les images les plus spectaculaires pendant les Ă©tapes, et ce, au mĂ©pris de la sĂ©curitĂ© des autres concurrents. Outre le fait que cela va complĂštement Ă  rebours de l’évolution des personnages concernĂ©s sur les 40 derniers albums, leur vĂ©hicule se retrouve affublĂ© d’un design clownesque:

J’imagine que s’ils avaient Ă©tĂ© italiens, ils auraient eu un 4x4 en forme de pizza


L’album suivant, OpĂ©ration Mirage, ressemble Ă  une brĂšve reprise en main: moins de recours aux degradĂ©s par ordinateur, des visages plus affirmĂ©s


Il est difficile de savoir exactement qui faisait quoi dans le studio Graton Ă  cet Ă©poque. Jean Graton ne prendra officellement sa retraite artistique qu’en 2004 (Ă  81 balais tout de mĂȘme) mais il est clair qu’à partir du mileu des annĂ©es 90, sa participation sur les albums diminue fortement et la sĂ©rie connaĂźt un syndrome Tuniques Bleues avant l’heure.
C’est apparement une rĂ©organisation interne au studio qui permet Ă  cet album de tenir la route mĂȘme si on reste en dessous des standards graphiques de la sĂ©rie.

Mais la rechute est brutale dùs l’album suivant, L’Epreuve, et ce, dùs la premiùre case:

Je passe rapidement sur cet album et le suivant qui le complĂšte (100.000.000$ pour Steve Warson) car le dessin et le dĂ©coupage rendent leur lecture franchement dĂ©sagrĂ©able. Sachez seulement que Steve est ENCORE UNE FOIS dans la panade et qu’il doit Ă  tout prix s’imposer dans l’épreuve organisĂ©e spĂ©cialement pour couronner le meilleur pilote du monde et toucher la prime qui va avec.

Ne nous attardons pas non plus sur Pour David, qui est l’adaptaton du film de Luc Besson dont vous pouvez voir ici la bande annonce:

Le film emprunte plusieurs Ă©lĂ©ments scĂ©naristiques d’albums prĂ©cĂ©dents et se place de fait hors-canon. Cela n’empĂȘchera pourtant pas les hĂ©ros d’y faire rĂ©fĂ©rence dans les albums qui suivent :stallone:

China Moon poursuit la descente graphique. Dommage, l’idĂ©e de base du scĂ©nario n’est pas inintĂ©ressante: assurer la victoire des Vaillantes au premier Grand Prix de Shanghai afin de faire la promotion de la premiĂšre Vaillante Ă  hydrogĂšne pour contenir les futures Ă©missions de CO2 du pays alors en plein Ă©veil.

Mais la Vaillante Ă  hydrogĂšne se fait dĂ©rober la veille du Grand Prix! Michel part alors Ă  sa recherche dans tout Shanghai. Il finit par rencontrer un mystĂ©rieux sage(?) chinois qui lui rĂ©vĂšle que le vĂ©hicule a juste Ă©tĂ© dĂ©placĂ© d’un hangar et qu’il est vraiment essentiel qu’il gagne pour faire en la promotion auprĂšs du peuple chinois.
Super, c’était exactement l’idĂ©e Ă  l’origine sauf que maintenant, Michel et Steve partent en derniĂšre position, leur rendant ainsi la tĂąche plus compliquĂ©e, vu qu’ils ont ratĂ© les essais qualificatifs aprĂšs avoir passĂ© la nuit Ă  courir aprĂšs une voiture qui n’avait pas Ă©tĂ© volĂ©e.

:memepouce:

Mais Michel va effectuer la remontĂ©e du siĂšcle, n’hĂ©sitant pas Ă  jouer des coudes car il est dĂ©sormais habitĂ© par l’esprit du dragon!!!

:stallone:

Hors-Piste en enfer est un album un peu plus conventionnel: lors du rallye de Turquie, Michel dĂ©mantĂšle un rĂ©seau d’ateliers clandestins qui fabrique des siĂšges pour les usines Vaillante. VoilĂ , pas grand chose d’autre Ă  dire ici.

Et on conclue par 24 heures sous influence: les Vaillant engagent pour les 24h du Mans un jeune pilote prometteur mais l’influence de son pĂšre sur celui-ci au dĂ©triment des consignes d’équipe risque bien de tout faire capoter. Cet album crĂ©pusculaire ne sera pas un chant du cygne et n’enrayera pas la dĂ©gradation du dessin, soulignĂ©e par des choix de couleurs Ă©tranges: tous les personnages sont d’une paleur maladive et Ă©voluent dans des dĂ©cors bleus pastel.

CrĂ©pusculaire car cet album sorti en 2007 sera effectivement le dernier. AprĂšs un bref rebond suite Ă  la sortie du film en 2003, les ventes ont continuĂ© de chuter et ne permettent plus d’assurer la survie du studio Graton qui Ă©ditait lui mĂȘme ses albums. Avec l’accord de son pĂšre, Philippe Graton dĂ©cide donc de jeter l’éponge et de mettre un terme Ă  la sĂ©rie principale.

C’est donc bien la

Ou pas tout Ă  fait puisque, comme vous le savez, Philippe Graton va assembler une nouvelle Ă©quipe d’auteurs pour relancer la sĂ©rie en 2012 avec une « nouvelle saison Â».

On va donc s’accorder un dernier tour de piste pour en parler ainsi que des thĂšmes transversaux de la sĂ©rie: le temps, la mort, les femmes, etc

En attendant, petit top 10 perso des albums de la série principale (dans leur ordre de parution):

Le Grand Défi
Le Pilote sans Visage
Le 13 est au départ
L’Honneur du Samourai
Suspens Ă  Indianapolis
Série Noire
Le Prince Blanc
Le Galérien
L’Inconnu des Mille Pistes
Steve Warson contre Michel Vaillant

11 likes

Je n’ai jamais vu le film mais anectode random la BO rock progressif/electro est signĂ©e Archive, groupe dont j’étais totalement fan Ă  l’époque.

La piste de la bande annonce que tu as postée.

1 like

Oui, j’avais l’album You all look the same to me en cd.

SacrĂ©e chute en effet, ça a vraiment l’air nul Ă  chier dans l’ensemble, ce qui rend le post plus drĂŽle que celui des annĂ©es 80 mais moins vendeur que pour les annĂ©es 60-70.

Difficile de tenir plus de deux dĂ©cennies avec des courses de bagnoles en toile de fond mais on sent que tout ce qui dĂ©rive vers le fantastique, la science-fiction ou l’ésotĂ©risme n’est absolument pas maĂźtrisĂ©.

Oui, il y a dans ce tropisme fantastique sur le tard un petit cĂŽtĂ© AstĂ©rix en fin de vie, comme quand Uderzo a commencĂ© Ă  invoquer l’Atlantide ou les extraterrestres.
Mais avec dans Michel Vaillant un aspect mystique qui rend l’approche trĂšs premier degrĂ© et franchement ridicule. Le dragon chinois qui demande Ă  Michel Vaillant de sauver le monde, j’avais rien vu de plus gĂȘnant depuis la bd du psg oĂč Zlatan doit empĂȘcher la Terre d’exploser.

1 like

Une rétrospective Buck Danny un jour ? :pepegood:

Ah ça pourrait ĂȘtre interessant ça, car c’est une sĂ©rie qui a le mĂȘme problĂšme que Michel Vaillant, Ă  savoir qu’elle traverse les Ă©poques et pose fatalement un problĂšme de suspension d’incrĂ©dulitĂ© sur la longueur.
Par contre, il me semble qu’elle a mieux rĂ©ussi Ă  maintenir sa qualitĂ© malgrĂ© les annĂ©es, avec des changements d’auteurs rĂ©ussis. La reprise du dessin par BergĂšse Ă©tait vraiment pas mal dans mes souvenirs et la sĂ©rie paraissait encore dans Spirou quand j’étais gamin. Je me souviens ainsi vaguement d’un album qui se dĂ©roulait dans le contexte de l’immĂ©diate post-guerre froide oĂč Buck et ses potes allaient en Russie, se liaient d’amitiĂ© avec un officier local, faisaient le cobra avec un Mig, etc.

Et il y aussi des gros moments de gĂȘnance Ă  dĂ©terrer des premiers albums avec Buck qui se bat contre les « japs » Ă©galement connus sous le sobriquet affectif de « faces de citron ».

Mais ça reste une sĂ©rie que je connais moins bien (et qui intĂ©resse sans doute moins de monde aussi) et surtout qui n’est pas dispo en numĂ©rique de ce que j’en sais. Donc je pense que ce ne sera pas pour tout de suite.

Merci en tout cas pour le taf et cette saga de l’étĂ© passionnante :jap:

2 likes

La fin des vacances approche doucement il va ĂȘtre temps de conclure la sĂ©rie de l’étĂ©.

Tour d’honneur: le temps, la vie, la mort, les femmes et tout ça dans Michel Vaillant

Ce sont presque 50 ans qui sĂ©parent les couvertures du premier et du dernier tome de Michel Vaillant. On a commencĂ© avec le dĂ©part couru vers des Jaguars Type D au 24h du Mans et on finit donc sur le mĂȘme circuit mais avec une Audi R10 dans le rĂ©tro.

Une telle longĂ©vitĂ©, sans changement d’auteurs, est exceptionnelle. Mais pour une sĂ©rie qui a tellement jouĂ© sur son ancrage dans le rĂ©el, cela ne va pas sans poser de questions.

La principale Ă©tant « Qui est Michel Vaillant? Â»

La plus longue carriĂšre en F1 aujourd’hui est celle de Fernando Alonso, un quart de siĂšcle de 2001 Ă  nos jours (entrecoupĂ© d’une pause en 2019-2020). Alonso a ainsi couru son premier Grand Prix Ă  20 ans, Ă  peine plus jeune que les autres recordmen en la matiĂšre (Raikkonen, Schumacher, Hamilton
)
Mais Michel Vaillant commence quant Ă  lui Ă  la fin des annĂ©es 50, une Ă©poque oĂč il fallait plutĂŽt attendre d’avoir la trentaine et une expĂ©rience solide avant de se lancer en formule 1 (Fangio est mĂȘme Ă  la veille de la quarantaine quand il participe au premier championnat en 1950).

Mais admettons.
Admettons que Michel Vaillant commence sa carriĂšre en 1958 ou 1959 Ă  20 ans. AprĂšs tout, c’est Ă  peine plus jeune que Stirling Moss ou Bruce McLaren Ă  la mĂȘme Ă©poque. Et surtout, c’est le fils du patron, ce qui peut aider pour les dĂ©buts prĂ©coces.

Par conséquent, pas étonnant de le voir débuter sous des traits relativement juvéniles (ici dans Le Grand Défi)

image

A partir de lĂ , la temporalitĂ© fait Ă  peu prĂšs sens sur les dĂ©cennies 60-70. On commence Ă  parler sĂ©rieusement de remporter le titre dans L’Honneur du Samourai (prĂ©publiĂ© en 1964) donc vers 25 ans et c’est chose faite dans Champion du Monde (1974) donc un peu tardif mais pas invraisemblable.
Et on peut ensuite considĂ©rer que dans les annĂ©es 70, Michel et Steve sont les vĂ©tĂ©rans du paddock, appartenant logiquement Ă  la caste des rois dans Les Jeunes Loups (1978) et La RĂ©volte des Rois (1978) Ă  l’aube de la quarantaine.

Certes vraiment limite mais pas complĂštement impossible sur le papier.

Mais dans la rĂ©alitĂ©, je n’ai trouvĂ© aucun pilote qui ait traversĂ© avec succĂšs les annĂ©es 60 puis 70. On pourrait peut-ĂȘtre rapprocher la carriĂšre de Michel Vaillant de celle de Graham Hill (1958-1975), sachant que ce dernier a en plus commencĂ© sur le tard (29 ans Ă  sa premiĂšre saison) mais considĂ©rant Ă©galement qu’il Ă©tait moins compĂ©titif aprĂšs 1970 (aucune victoire aprĂšs son dĂ©part de Lotus cette annĂ©e lĂ ) alors que Michel Vaillant est constamment au top.

A partir des annĂ©es 80, la vraisemblance temporelle en prend un coup mĂȘme si on voit Michel Vaillant plus souvent dans d’autres disciplines, notamment le rallye.
Il n’est pas inhabituel en effet de voir des pilotes de F1 prolonger leurs carriĂšres dans d’autres genre de courses comme l’endurance, Ă  l’instar de Jacky Ickx. Mais Michel Vaillant continue en parallĂšle d’occuper les premiers postes en F1 et on doit faire un gros effort pour maintenir sa suspension d’incrĂ©dulitĂ©.
Cette pĂ©riode oĂč l’on commence Ă  avoir un peu plus de mal Ă  y croire correspond d’ailleurs aux premiers signes d’essoufflement de la sĂ©rie.

Mais encore une fois, ADMETTONS!

Car les annĂ©es passant, on peut faire un effort d’imagination pour faire semblant d’y croire encore. Imaginons par exemple retrospectivement que la rencontre Vaillant-Warson n’ait eu lieu qu’en 1965 et pas en 1958, allez, ça passe encore mais tout juste.

Le problĂšme c’est que la sĂ©rie ne fait aucun effort pour nous accompagner dans cet exercice mental de cohĂ©rence. On a vu par exemple dans Le DĂ©fi des Remparts que Warson reprenait le volant de sa Novi des annĂ©es 50, mais on peut Ă©galement voir, entre autres impossibilitĂ©s temporelles, Yori Yoshisa sur sa Lotus Honda du milieu des annĂ©es 60, etc.

Bref, les dates restent figĂ©es dans le marbre et il devient de plus en plus difficile Ă  la magie d’opĂ©rer au fur et Ă  mesure que la sĂ©rie progresse dans le temps.

MĂȘme la « nouvelle saison Â», qui avait pourtant l’occasion de faire un retcon discret mais nĂ©cessaire, en rajoute encore une couche en (attention GROS SPOILER) plaçant le casque du pilote sans visage avec son design d’époque sur le cercueil de Jean-Pierre Vaillant, impliquant qu’un type qui a la quarantaine en 2014 courait dĂ©jĂ  dans les annĂ©es 60.

:stallone:

Alors, immortel, Michel Vaillant?

Ce n’est malheureusement pas le cas des coureurs rĂ©els qui apparaissent dans les albums. Comme dans One Piece, personne ne meurt jamais dans les albums. Mais en coulisse, la liste est longue. Michel Vaillant y fait dĂ©jĂ  allusion dans Le 8eme Pilote:

Car en effet, le sport automobile Ă©tait beaucoup plus meurtrier Ă  l’époque. Ainsi, parmi les pilotes apparus dans la sĂ©rie, on retrouve:

Peter Collins, apparu dans Le Grand DĂ©fi. Il se tue au volant de sa Ferrari lors du Grand Prix d’Allemagne au NĂŒrburgring en 1958.

image

Jean Behra, croisĂ© dans Le Pilote sans Visage. DĂ©cĂ©dĂ© sous la pluie du circuit de l’Avus en 1959.

Gilles Delamare, qui initie Michel Ă  la cascade automobile dans Les Casse-Cou. Il meurt lui-mĂȘme lors d’une cascade en 1966.

image

Jim Clark, qui dispute le tire à Michel Vaillant dans l’Honneur du Samourai. Il mourra en 1968 sur le circuit d’Hockenheim.

image

François Cevert, trÚs proche de Graton, apparaßt notamment dans Rush. Meurt sur le circuit de Watkins Glen en 1973 alors que sa carriÚre en F1 était sur le point de décoller.

Patrick Depailler, qui apparaĂźt au volant d’un Tyrell P34 (Ă  6 roues) dans La RĂ©volte des Rois. DĂ©cĂšde sur le circuit d’Hockenheim pendant des essais privĂ©s en 1980, notamment Ă  cause d’un problĂšme de « jupe Â», ce qui explique la prise de position « anti-jupe Â» de Graton dans Rififi en F1.

Gilles Villeneuve, protagoniste majeur dans l’album Steve Warson contre Michel Vaillant. Il se tue au volant de sa Ferrari sur le circuit de Zolder en 1982.

Jean Rondeau, le vainqueur du Mans en 1980 qui apparaßt notamment dans Steve & Julie pour lancer la carriÚre de Julie Wood sur 4 roues. Sa voiture civile est percutée par un train sur un passage à niveau en 1985.

Didier Pironi, qui, aux commandes de son avion, aide Michel Vaillant à retrouver Gabriele dans Un Pilote a disparu. Il décÚde sur son bateau de course offshore en 1987.

Ayrton Senna, bien sĂ»r, finalement peu prĂ©sent dans la sĂ©rie mais tout de mĂȘme aperçu dans Le MaĂźtre du monde. Il meurt au volant de sa Williams au Grand Prix de San Marin 1994.

Et enfin Michele Alboreto, apparu dans Le DĂ©fi des Remparts. Il meurt lors d’une sĂ©ance de test de l’Audi R8 Sport en 2001.

.

A cette liste dĂ©jĂ  longue, on pourrait ajouter les accidents graves, notamment celui de Niki Lauda en 1976. Il rebondira pourtant de maniĂšre spectaculaire en F1 mais pas seulement puisqu’il fondera ensuite deux compagnies d’aviation et rejoindra l’équipe F1 de Mercedes dans les annĂ©es 2010 avec le succĂšs que l’on sait. Il s’est Ă©teint rĂ©cemment en 2019.

Moins connu sans doute, est le destin de Clay Regazzoni. TrÚs présent dans les albums des années 70, on le verra notamment faire des étincelles avec Steve Warson.

Sa carriÚre en F1 connaßtra une fin brutale en 1980 avec un accident lors du Grand Prix de Long Beach qui le laissera paraplégique.
Il continuera malgré tout à participer à bord de voitures spécialement aménagées à des rallyes dont le Paris-Dakar et à des courses sur circuits y compris dans les années 90.
Il sera tout de mĂȘme rattrapĂ© par le destin et mourra lors d’un accident de voiture, sans doute causĂ© par un malaise, en 2006.

image

Jean Graton avait pu lier des liens plus ou moins Ă©troits avec ces pilotes mais ces destins tragiques ne seront, sans doute par pudeur, quasiment jamais Ă©voquĂ©s dans la sĂ©rie. En guise d’exception, en plus du discours de Michel Vaillant citĂ© plus haut, un hommage spĂ©cial est rendu Ă  Ayrton Senna Ă  la fin de l’album Paddock:

Cette stùle existe vraiment sur le circuit d’Adelaide:

Cela ne revient pas à dire que le risque mortel est tabou dans les albums. Il est au contraire constamment mis en scÚne au fil des pages et ce, dÚs Le Grand Défi mais plus particuliÚrement dans des tomes tels que Le Circuit de la peur, Le 13 est au départ ou Série Noire.

L’approche du sujet va radicalement changer avec la « Nouvelle Saison Â» dans laquelle la mort peut faire partie du scĂ©nario.
Comme Ă©voquĂ© prĂ©cedemment, Philippe Graton, constatant l’érosion inexorable des ventes de la sĂ©rie, dĂ©cide d’y mettre fin en 2007. Une nouvelle Ă©quipe est formĂ©e et l’édition est dĂ©sormais assurĂ©e par Dupuis.
Non sans succĂšs puisque la sĂ©rie est toujours en cours sous ce format au rythme d’un album par an depuis 2012.

Bizarrement, la nouvelle sĂ©rie n’est pas un reboot mais bien la continuation de la sĂ©rie orginale. Les thĂšmes sont cependant remis au goĂ»t du jour: on y parle crise de l’automobile, virage de l’électrique, etc.

Au premier abord, la filiation semble pourtant tĂ©nue. Tout d’abord graphiquement.

Papa Vaillant, le patriarche sévÚre mais juste est devenu un vieillard acariùtre au masque de cire:

Ce vieux con est bien sûr anti-électrique:

Jean-Pierre arbore un teint maladif et adopte un look de sous-secrĂ©taire d’Etat aux robinets:

Et Michel Vaillant lui-mĂȘme semble s’ĂȘtre fait botoxer le menton:

Ah oui, et ça, c’est Steve Warson mdr:

CĂŽtĂ© scĂ©nar, c’est Denis LapiĂšre qui est aux commandes. Il est notamment connu pour Charly (publiĂ© dans Spirou dans les annĂ©es 90, la sĂ©rie avec un jouet de vaisseau spatial qui tue des gens), une reprise ephĂ©mĂšre (et pas bien convaincante Ă  mes yeux) de Tif et Tondu aprĂšs la retraite de Will et d’autres sĂ©ries comme Luka ou Alter Ego.

Il faut reconnaĂźtre que la nouvelle sĂ©rie a su parfaitement se remettre au goĂ»t du jour. On le voit notamment dans l’album Duels oĂč Michel Vaillant doit rivaliser avec Daniel Farid, une sorte de Lewis Hamilton français qui construit sa carriĂšre sur smartphone Ă  coups de hashtags en anglais sur les rĂ©seaux sociaux:

On note Ă©galement le soucis du dĂ©tail pour restaurer l’un des ingrĂ©dients phares de la sĂ©rie, Ă  savoir la crĂ©dibilitĂ© via l’ancrage dans le rĂ©el. En plus des vrais noms de pilote, on remarquera par exemple ici le classement de l’épreuve visualisĂ© sur un smartphone accompagnĂ© du logo WRC.

CĂŽtĂ© technique narrative, les choses Ă©voluent Ă©galement. Il n’est pas anodin que la nouvelle sĂ©rie soit intitulĂ©e « nouvelle saison Â» puisque cela peut s’entendre comme « nouvelle saison de F1 Â» mais Ă©galement « nouvelle saison de votre sĂ©rie tv prĂ©fĂ©rĂ©e Â».
Et en effet, fini les scénarios à la papa. On utilise désormais les bonnes recettes qui marchent dans Game of Thrones ou Succession avec des dramas familiaux, des cliffhangers, des méchants que vous adorez détéster et dont on ne parvient jamais à se débarasser

J’avais mentionnĂ© que dans la sĂ©rie principale, Michel Vaillant n’avait pas vraiment de soucis en dehors des circuits. Eh bien dans la « nouvelle saison Â», vous allez ĂȘtre servis: les Vaillant sont foutus Ă  la porte de leur propre boĂźte, Michel trompe sa femme (juste un bisou mais bon), son frĂšre se suicide, son fils finit en fauteuil roulant, son neveu lui fait un procĂšs et l’envoie en prison, et pour finir sa femme choppe le cancer.

VoilĂ , n’oubliez pas de regarder l’épisode Netflix suivant pour votre nouvelle dose de stress et d’adrĂ©naline.

Je pense que la « nouvelle saison Â» a fait les bons choix d’un point de vue Ă©ditorial et commercial. C’était sans doute la seule façon de continuer Ă  faire vivre la sĂ©rie.
Mais je considĂšre que c’est une trahison complĂšte de l’esprit de l’oeuvre originale. Car malgrĂ© toutes les tragĂ©dies -rĂ©elles- que j’ai listĂ©es au-dessus, la premiĂšre sĂ©rie Michel Vaillant respire l’optimisme et la soif de vie alors que la « nouvelle saison Â» pue la mort et le malheur.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder les couvertures de deux albums sortis presque en mĂȘme temps: le dernier tome en date de la nouvelle saison et un nouveau recueil d’histoires courtes de la sĂ©rie orginale.

Nouvelle Saison: Il pleut, Michel Vaillant s’est fait mal au cou, il a de l’eau dans les godasses, il va rentrer Ă  son hĂŽtel d’AngoulĂȘme et se faire racketter par un clodo avant de commander un menu Uber Eat livrĂ© par un clandestin afghan et bouffer tout seul dans sa chambre en matant une video youtube.

SĂ©rie originale: Il fait beau, Michel Vaillant est avec sa nana canon, ils sourient, il va gagner le Grand Prix avec 3 tours d’avance sur les autres concurrents, ils vont rentrer dans leur palace 5 Ă©toiles Ă  Milan et niquer comme des lapins pour mettre en route leur cinquiĂšme enfant.

Choisis ta voie, ami lecteur.

Et c’est bien la conclusion Ă  laquelle j’essaie de venir Ă  travers cette longue sĂ©rie de posts tout aussi longs, Ă  savoir que Michel Vaillant est une sĂ©rie de son Ă©poque, une BD nĂ©e au coeur des 30 glorieuses et dont les principaux moteurs Ă©taient la foi dans l’avenir et dans le progrĂšs technique. La sĂ©rie orginale arbore une sorte de naĂŻvetĂ© qui peut paradoxalement apparaĂźtre Ă  la fois dĂ©risoire et surannĂ©e mais Ă©galement rafraichissante et vivifiante pour le lecteur contemporain.
De ce point de vue, la « nouvelle saison Â» est navrante mais inĂ©luctable.

Notons pour finir que, si la sĂ©rie a les qualitĂ©s de son Ă©poque, elle reste Ă©galement marquĂ©e par certains traits de mentalitĂ© qui paraissent complĂštement incongrus aujourd’hui, notamment en ce qui concerne la place des femmes.

On relĂšvera ainsi cette case de Km357:

:ah:

Il est lĂ©gitime de se poser la question si Michel Vaillant ne serait pas un petit peu machiste sur les bords, quand mĂȘme.

Eh bien oui et non.

Difficile en effet pour une BD de s’affranchir d’un trait assez marquant du milieu qu’elle dĂ©crit. Le nombre de femmes pilotes Ă©tait et reste limitĂ© sur les circuits et, dans les premiers albums, les femmes sont releguĂ©es aux rĂŽles de mĂšres Ă©plorĂ©es comme Mme Vaillant ou de jeunes chipies comme Françoise.

On note cependant que Michel Vaillant aborde la question de l’amour et du mariage assez tĂŽt dans la sĂ©rie (ici dans Le 8e Pilote):

A comparer par exemple avec Ric Hochet, éternellement fiancé à Nadine, la niÚce du commissaire Bourdon.

Et de fait, on verra Michel minauder avec Françoise relativement rapidement (ici dans De l’huile sur la piste en concurrence avec Steve Warson et Jacky ickx):

Dans RodĂ©o sur 2 roues, il est Ă©vident que les deux tourteraux sont ensemble sans qu’il soit nĂ©cessaire de l’expliciter:

Bref, vous savez déjà comment ça se termine.
En bon hĂ©ros du journal Tintin, Michel Vaillant est l’homme d’une seule femme. Il faudra attendre les annĂ©es 80 pour Ă©voquer de lointaines histoires de coucherie avec sa secrĂ©taire de l’époque.

A noter que Graton n’embarasse pas Steve Warson des mĂȘmes principes moraux. Infatigable queutard et toujours en bonne compagnie, il est rare de le voir avec la mĂȘme conquĂȘte deux albums de suite Ă  l’exception notable et tardive de Julie Wood.

Il faut toutefois reconnaßtre que la série va progressivement savoir faire émérger des rÎles féminins forts comme Gabriele, Ruth et surtout Julie Wood qui avait par ailleurs connu sa propre série avec 8 albums parus à la fin des années 70.
Michel Vaillant fera également figurer de vraies femmes pilotes comme Vanina Ickx, la fille de Jacky, ou, ci-dessous, la Belge Nicole Sol dans 5 Filles dans la course:

VoilĂ , il y aurait sans doute encore pleins de trucs Ă  dire et d’exemples Ă  partager sur cette sĂ©rie. J’espĂšre vous avoir donnĂ© envie de vous plonger un peu dedans pour ceux qui Ă©taient passĂ©s Ă  cĂŽtĂ© jusque lĂ  ou de rĂ©ouvrir quelques albums de papa ou de tonton pour ceux qui les avaient lus quand ils Ă©taient gamins.




Je vous laisse quand mĂȘme avec un petit bonus track.
Il y avait en fait une autre voie pour Michel Vaillant aprĂšs l’arrĂȘt de la sĂ©rie principale: se concentrer sur les fans de la premiĂšre heure et revenir au coeur de l’ñge d’or de la F1 et de la sĂ©rie.
Et c’est chose faite avec le spin off Michel Vaillant Legendes qui revient sur des courses mythiques comme les 24h du Mans '66 ou la Targa Florio.
Voyons ce qu’en dit Jean-Louis Dauger, directeur de la marque et du dĂ©veloppement de Michel Vaillant ( https://www.actuabd.com/Michel-Vaillant-revient-en-1966-sur-des-circuits-de-Legendes ), notamment en ce qui concerne le dessin:

« Certes, il y a encore un peu de travail sur certains visages, mais je voudrais prĂ©ciser que Vincent aurait adorĂ© reprendre les dix premiĂšres pages de l’album une fois qu’il l’avait terminĂ©, histoire de peaufiner ces Ă©lĂ©ments qui se sont rodĂ©s en cours d’album. Mais nous n’avions plus le temps pour cela : la course Ă©tait lancĂ©e ! Du reste, je trouve que son travail en gĂ©nĂ©ral est trĂšs prometteur pour la suite de la sĂ©rie « LĂ©gende ». Il ne rĂ©alise pas une copie de Jean Graton, mais s’en approche par son style et ses couleurs, sur base de son travail dans les annĂ©es 1960 et 1970 considĂ©rĂ©es souvent comme l’ñge d’or de Jean Graton. Â»

Wow, ça a l’air cool dites donc. Bon ben voyons ça:

:really:

Ah, euh, ok mais j’imagine que ça s’amĂ©liore dans les tomes suivants?

En quelque sorte, oui, en quelque sorte


(c’est pas des gangsters, hein, c’est Michel et Jean-Pierre Vaillant)

12 likes

C’était un rĂ©gal Ă  lire, merci, ça m’a effectivement donnĂ© envie de lire les albums des annĂ©es 60-70 alors que ça n’était pas une sĂ©rie que j’envisageais de relire un jour (bon ça reste dans ma prioritĂ© culturelle en 736 000 Ăšme place, faut pas exagĂ©rer non plus).

Mais ça donne aussi envie de se replonger dans la F1 d’antan, ce qui est le principe de la sĂ©rie.

Le redĂ©marrage de la sĂ©rie donne par contre Ă  peu prĂšs autant envie qu’une pizza Buitoni mais c’est un sentiment gĂ©nĂ©ralisĂ© pour moi devant tous les reboots des sĂ©ries iconiques de la BD franco-belge (moins pour les comics bizarrement).

1 like

Pas lu beaucoup de Michel Vaillant mais ça donnait envie, dans tous les cas sacrĂ© boulot d’avoir posĂ© tout ça sur le forum merci :jap:

1 like

Je pense que la nouvelle saison est trĂšs « binge readable » comme on peut « binge watcher » une sĂ©rie Netflix ou HBO parce qu’on rentre dans le jeu des cliffhangers, des tensions etc. Mais on se sent un peu con Ă  la fin parce qu’on en retire rien Ă  posteriori.
Disons que c’est un bon produit.

Mais oui, je ne me retrouve pas trop dans les relances récentes de classiques (Ric Hochet, Bruno Brazil
). Je pense aussi que les couleurs par ordinateur tendent à uniformiser des dessins qui manquent à la base de caractÚre.

Je crois que quelqu’un avait postĂ© une vidĂ©o expliquant pourquoi la lumiĂšre dans les nouvelles sĂ©ries et films Ă©tait tout le temps la mĂȘme. Il y a quelque chose d’assez similaire avec la bd aujourd’hui.

1 like

J’ai Ă©normĂ©ment de mal avec ça, j’en achĂšte parce que je suis certaines sĂ©ries qui l’utilise, mais je ne vois que ça quand je lis.
J’ai arretĂ© les comics Ă  cause ce ça, quand c’est devenu la mode au dĂ©but des annĂ©es 2000, j’avais l’impression qu’ils se ressemblaient tous, pas de diffĂ©rence entre lire du Spawn, les Avengers, the Darkness


Moui, ça ne m’avait pas choquĂ© de la mĂȘme façon cĂŽtĂ© comics. En tous cas quand je lisais les comics images dans les annĂ©es 90, alors que ça y allait bien avec cette technique.
Mais on peut pas trop reprocher au trait de McFarlane, Capullo, Silvestri ou Jim Lee de manquer de chien (parfois c’est mĂȘme caricatural et baroque). Et peut-ĂȘtre que le style comics s’y prĂȘte bien.

Alors que les bd auxquelles je fait référence sont sur une ligne claire réaliste qui limite pas mal la personnalité du trait:

image

C’est pas mal fait, hein? Mais je trouve quand mĂȘme ça trĂšs lisse par rapport Ă  ce qu’on avait il y a encore quelques annĂ©es.

Oui, mes exemples sont de mauvaise foi.