🎬 Topic CinĂ©ma (Marvel ad nauseam)

Once Upon a Time in Hollywood 2

:stallone:

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jour 1

Pareil j’ai adorĂ© mais quel intĂ©rĂȘt de faire une suite ?

Ca sera certainement pas une suite au sens oĂč tu l’entends.
DĂ©jĂ  ça se passe 10 ans aprĂšs et Cliff sera probablement le seul personnage en commun


Ca va sûrement creuser le passé trouble de Cliff (qui aurait tué sa femme). Le roman est moins ambiguë sur le sujet.
Et je doute que le film s’appelle Once Upon 2.

Le titre serait The Adventures of Cliff Booth (et ce sera bien sûr un film Netflix).

Sinon, la classe de la vidéo :pepegood:

https://x.com/MNightShyamalan/status/1950285149771649456

https://www.instagram.com/p/DMssJjLtF_r/?utm_source=ig_embed&ig_mid=430098AF-F5E0-43DE-A6B7-EBDFDB1FFFD2

Tom, salaud ! :aulasdoigt:

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:pepecry:

Quelques nouvelles de Kechiche (perso je n’ai toujours pas vu le premier) :

L’article complet pour les intĂ©ressĂ©s :

Spoiler

«Tu vas voir, cette annĂ©e c’est sĂ»r, c’est la bonne, je connais un mec qui bosse sur le montage.» VoilĂ  trois ans que nous entendons immanquablement, dans les jours prĂ©cĂ©dant l’annonce de la sĂ©lection cannoise, au moins une personne trĂšs sĂ»re d’elle prononcer cette phrase, gĂ©nĂ©ralement complĂ©tĂ©e d’une prĂ©cision de nature Ă  en diminuer la fiabilitĂ© («Bon, je ne le connais pas personnellement, mais mon coloc fait du padel avec lui»). Pas de quoi annihiler le secret espoir chaque fois ravivĂ© de voir enfin le huitiĂšme film d’Abdellatif Kechiche arriver, sept ans aprĂšs son tournage, au bout d’un tunnel de post-production que l’on croyait ne jamais voir aboutir. HuitiĂšme et peut-ĂȘtre dernier, parce que si le film, lui, va enfin naĂźtre – il sera bel et bien prĂ©sentĂ© en compĂ©tition au festival de Locarno, en Suisse, dĂ©but aoĂ»t –, le rĂ©alisateur ombrageux menace, lui, hĂ©las de s’éclipser.

FrappĂ© par un AVC Ă  la mi-mars, Kechiche souffre dĂ©sormais de difficultĂ©s de paroles orales et Ă©crites n’altĂ©rant aucunement son raisonnement («Il est mĂȘme devenu d’une certaine maniĂšre plus sage», selon un proche) mais pouvant compliquer sa capacitĂ© Ă  diriger un plateau, selon les progrĂšs et la rĂ©ussite de sa rééducation orthophonique. A l’heure oĂč nous Ă©crivons ses lignes, certains de ses collaborateurs dĂ©crivent un homme diminuĂ© et lucide, apte Ă  renoncer Ă  son Ɠuvre de cinĂ©aste pour s’occuper Ă  des postes moins exposĂ©s, comme la production ; d’autres disent tout le contraire. Un climat de mystĂšre a toujours entourĂ© l’auteur de la Graine et le Mulet. Mais avec le dossier Mektoub, My Love, c’est le chaos le plus total et une forme de confusion gĂ©nĂ©rale qui semblent avoir pris le dessus*.*

Mektoub fut d’abord un livre (la Blessure, la vraie de François BĂ©gaudeau, Verticales, 2011), puis son adaptation par Kechiche (Mektoub, My Love : Canto Uno, 2018), puis une saga potentielle (Kechiche parla un temps de trois films, puis carrĂ©ment de dix, suivant le vieillissement de leurs personnages sur vingt ans façon Boyhood de Linklater), puis un deuxiĂšme film imprĂ©vu (Mektoub, My Love : Intermezzo, prĂ©sentĂ© Ă  Cannes en 2019 et Ă  peu prĂšs enterrĂ© depuis). C’est enfin et surtout devenu, malheureusement, deux choses : une polĂ©mique nĂ©buleuse dans laquelle tout le monde se contredit, liĂ©e aux conditions de production et de diffusion d’Intermezzo, et un film qui ne sort pas (en fait mĂȘme deux : Intermezzo et ce tardif Mektoub, My Love : Canto Due). La complexitĂ© de la premiĂšre ayant bien sĂ»r son rĂŽle Ă  jouer dans le chemin de croix du deuxiĂšme. Il faut, pour comprendre le destin d’un film aussi discutĂ© (disputĂ© ?) qu’invisible, objet de tous les fantasmes et de toutes les mystifications, comme le cinĂ©ma français n’en avait pas connu depuis au moins les Amants du Pont-Neuf de Carax au dĂ©but des annĂ©es 1990, remonter loin en arriĂšre.

Matériau à sa démesure démiurgique

A la suite du triomphe de la Vie d’AdĂšle (2013), dĂ©jĂ  striĂ© de nuages nombreux (violente passe d’armes avec LĂ©a Seydoux, dĂ©clarations syndicales dĂ©nonçant des mĂ©thodes de travail toxiques, critiques de la reprĂ©sentation du sexe lesbien
), mais triomphe quand mĂȘme (palme d’or au cinĂ©aste et ses deux actrices, million de spectateurs), Kechiche rachĂšte, par le biais de sa sociĂ©tĂ© de production Quat’sous Films, les droits d’un roman de François BĂ©gaudeau, dont il veut tirer une adaptation libre qui devient rapidement un diptyque. Sans s’attarder sur une production dĂ©jĂ  sur le fil, qui fera parler d’elle notamment lorsque le rĂ©alisateur annoncera revendre sa palme et des memorabilia de la Vie d’AdĂšle pour financer les derniers mĂštres de montage, contentons-nous de rapporter que le film est prĂ©sentĂ© Ă  la Mostra de Venise en 2017, aprĂšs un premier rendez-vous manquĂ© sur la Croisette quelques mois plus tĂŽt pour d’obscures raisons litigieuses et judiciaires.

On y dĂ©couvre Amin, jeune aspirant scĂ©nariste rentrant Ă  SĂšte le temps de l’étĂ© 1994 pour y retrouver quelques amis d’enfance et observer le ballet des cƓurs et des corps dans un tableau sublimĂ© fait de drague de plage, de pulsion de vie mĂ©ridionale, de morale du plaisir et de fardeaux de mĂ©lancolie. Quand il sort en mars 2018, le rĂ©alisateur est dĂ©jĂ  affairĂ© Ă  tourner la suite, avec les mĂȘmes acteurs (ShaĂŻn Boumedine, OphĂ©lie Bau, Salim Kechiouche – on voudrait tous les citer). Avoisinant les mille heures de rushes, Kechiche dĂ©molit son record (750 pour la Vie d’AdĂšle) et amasse un matĂ©riau Ă  sa dĂ©mesure dĂ©miurgique, semblant vouloir embrasser la vie entiĂšre : «On avait de quoi monter un film de deux heures sur presque tous les personnages», rapporte son chef opĂ©rateur Marco Graziaplena, qui dĂ©crit une expĂ©rience transformatrice, «la plus dingue de [sa] vie».

Mektoub, My Love Canto Due (Locarno Film Festival)

En bonne marche vers la finalisation de ce Canto Due, le rĂ©alisateur se laisse subitement tenter en cours de route par un projet expĂ©rimental d’interlude : un quasi huis clos sur une nuit de fĂȘte, oĂč les personnages se noieraient dans une clameur de house 90’s. Le dispositif Ă©voque la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, avec des prises de trois heures et dix-huit camĂ©ras braquĂ©es sur une quinzaine de comĂ©diens Ă©quipĂ©s en HF au milieu d’une foule, improvisant parfois cinq dialogues simultanĂ©s et quatre danses.

Sur la base d’une copie de travail de quatre heures, le puissant dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de Cannes, Thierry FrĂ©maux, se dit intĂ©ressĂ©, dĂ©clenchant plus ou moins consciemment une mission commando Ă  demi-suicidaire aboutissant Ă  la seule version jamais projetĂ©e Ă  ce jour de Mektoub, My Love : Intermezzo, soit un film-monstre de 3 h 30 dont trois heures de club, livrĂ© sans gĂ©nĂ©rique Ă  quelques jours de la premiĂšre. Sauf que la prĂ©sentation est un tollĂ©, du fait de la prĂ©sence d’une scĂšne de sexe non simulĂ© mettant en scĂšne OphĂ©lie Bau et son vĂ©ritable compagnon, RomĂ©o de Lacour, scĂšne obtenue dans des conditions de consentement sur lesquelles l’absence remarquĂ©e de l’actrice lors de la confĂ©rence de presse jette pour certains un voile de doute, pour d’autres un Ă©pais manteau de certitudes, malgrĂ© le silence de la principale intĂ©ressĂ©e.

Un film au caractĂšre gargantuesque

Plusieurs tĂ©moins directs nous balayent les accusations les plus graves ayant circulĂ© Ă  cet Ă©gard : la scĂšne exigĂ©e par un rĂ©alisateur tyrannique et insistant, les acteurs alcoolisĂ©s. Deux personnes prĂ©sentent nous dĂ©crivent une initiative partagĂ©e du cinĂ©aste et d’un couple Ă  la ville qui aurait, sans la moindre ivresse sinon celle d’une part de dĂ©fi, au moins sur le moment, voulu cette prise de risque, sous la supervision d’un rĂ©alisateur qui en aurait clairement posĂ© les limites (en interdisant notamment toute pĂ©nĂ©tration). Ce sont les conditions du maintien de la scĂšne dans le montage final et l’escalade des ressentiments par rĂ©actions interposĂ©es qui auraient consommĂ© le divorce entre Kechiche et OphĂ©lie Bau.

Toujours est-il qu’à Cannes, et mĂȘme dans les mois qui suivront, on ne parle que de ça – la faute aussi au caractĂšre gargantuesque du film, conspuĂ© par une bonne partie de la presse, plus Ă  mĂȘme de le traiter comme terrain de polĂ©mique que comme une Ɠuvre Ă  part entiĂšre ; et de fait insortable, Ă  cause d’une ardoise astronomique de droits musicaux (notamment un remix en boucle du tube planĂ©taire Voulez-vous d’Abba !) immĂ©diatement rĂ©clamĂ©e par les majors et que personne n’est disposĂ© Ă  rĂ©gler. Dans les mois qui suivent, face au dĂ©fi injouable que reprĂ©sente dĂšs lors la finalisation d’Intermezzo, pas seulement comme happening de festival mais film exploitable en salles, la sociĂ©tĂ© de Kechiche, Quat’sous Films, dĂ©pose le bilan.

Pour certains collaborateurs, l’épisode Intermezzo est d’autant plus regrettable que le film tiendrait pratiquement dans sa gestation compliquĂ©e, de la sortie de route. Kechiche, Ă  l’époque, s’aventure dans des mĂ©thodes de travail frisant l’irrationalitĂ© : le cinĂ©aste passe ses journĂ©es dans une cave de ses bureaux parisiens de la rue RĂ©beval, Ă  Belleville, Ă  Ă©crĂ©mer seul devant son Ă©cran des monceaux de rushes pour trier le rebut dans un Ă©pais nuage de shit, façon Coppola en plein dĂ©lire chez Zoetrope. A intervalles rĂ©guliers, il Ă©mane de la purĂ©e de pois pour remettre aux monteurs, au rez-de-chaussĂ©e, une nouvelle fournĂ©e de son tri, et des directives de montage parfois inapplicables, mais qu’il impose de suivre, tout en refusant d’en regarder lui-mĂȘme le rĂ©sultat.

«Mektoub, My Love: Intermezzo» (2019), un film-monstre de 3h30 dont trois heures de club, livré sans générique à quelques jours de la premiÚre. (BBQ_DFY / Aurimages/BBQ_DFY / Aurimages)

L’unitĂ© de temps et de lieu a raison des derniers nerfs de l’équipe : dĂ©rusher 300 heures pour un seul long mĂ©trage est dĂ©jĂ  surhumain ; intĂ©gralement noyĂ©e dans la pĂ©nombre indistincte d’une boĂźte de nuit, c’est absolument insensĂ©. «A l’arrivĂ©e, il y a un film dont l’accueil dithyrambique par une petite partie de la presse [dont LibĂ©, ndlr] nous a amusĂ©s, car pour un monteur professionnel, c’est un “ours” [un prĂ©-montage] auquel il manque encore un gros volume de travail», explique Luc SeugĂ©, qui forme avec Alexis Goyard le duo de monteurs du film. «Les critiques sont habituĂ©s Ă  des films finis et n’avaient tout simplement jamais vu de matiĂšre brute.» Pour la beautĂ© du geste, dans les mois qui suivent le Festival, sera finalisĂ©e une version de deux heures, sans la scĂšne polĂ©mique, mais qui n’a que peu de chances de jamais sortir. «On est passĂ© de trois heures de violation de droits d’auteur Ă  une heure trente. On avait fait le calcul un jour : il y en a pour un million.» Si une bonne Ăąme a ça de cĂŽté 

ExpĂ©dition au sommet de l’Everest

Nous sommes au tournant de 2020, et Kechiche commence donc son confinement dans d’étranges conditions de cinĂ©aste vampire, assis sur un long mĂ©trage abouti mais qui ne sortira jamais, et sur les mille heures de rushes d’un second qu’il ne sait pas comment produire, ses partenaires (son distributeur PathĂ©, son vendeur international, Vincent Maraval, gĂ©rant de la sociĂ©tĂ© Wild Bunch) rechignant Ă  remettre la main au portefeuille. C’est un nouveau producteur qui va prendre le relais : Pascal Caucheteux, emblĂ©matique patron de Why Not, l’écurie d’Arnaud Desplechin, Xavier Beauvois ou Jacques Audiard. FidĂšle Ă  son habitude de silence avec la presse, il n’a pas souhaitĂ© rĂ©pondre Ă  nos questions.

Toujours est-il que la projection de quelques images le convainc de financer un rĂ©approvisionnement de l’enveloppe de montage – autant dire une expĂ©dition au sommet de l’Everest. «Mille heures de rushes, cela Ă©quivaut Ă  dire que pour simplement tout visionner une seule fois, en regardant cinq heures par jour, il faut huit mois», rĂ©sume le monteur Luc SeugĂ©. Il faudra deux ans de travail, entre 2022 et 2024 – sachant qu’en chemin Kechiche et Caucheteux montent un autre projet depuis abandonnĂ©, pour lequel des repĂ©rages filmĂ©s ont eu lieu en Tunisie –, pour livrer une premiĂšre version du film en vue du Festival de Cannes, oĂč le film est prĂ©cipitamment prĂ©sentĂ© au comitĂ© de sĂ©lection sans l’accord du rĂ©alisateur, et refusĂ©.

Pour une annĂ©e supplĂ©mentaire, il retourne alors ponctuellement sur le banc de montage, oĂč se joue un bras de fer tentaculaire avec d’un cĂŽtĂ© Kechiche et, de l’autre, le reste du monde : les festivals, ses producteurs, ses partenaires, le conjurant comme un seul homme d’opĂ©rer des coupes qu’il ne nous appartient pas de dĂ©tailler mais au sujet desquelles son intransigeance redessine en tout cas les rapports de force Ă  l’Ɠuvre. En effet, c’est cette discorde qui conduit le cinĂ©aste Ă  renvoyer une version Ă  Cannes en 2025, non plus sous l’égide de Pascal Caucheteux mais d’une figure inattendue : Riccardo Marchegiani, sorte de «directeur de production plus-plus» sur Canto Uno, au gĂ©nĂ©rique duquel il est crĂ©ditĂ© comme producteur associĂ©.

Marchegiani est restĂ© depuis lors une personne de confiance du cinĂ©aste. En orbite autour notamment de l’autre projet inachevĂ© de Kechiche avec Why Not, il aurait continuĂ© de donner des coups de mains officieux Ă  la post-production de Canto Due par fidĂ©litĂ©, «sans jamais toucher un centime» selon lui, ce qui ne l’a pas empĂȘchĂ© de prĂ©senter Ă  la Quinzaine – donc en tant que producteur – une version assimilable au director’s cut que Kechiche luttait avec acharnement pour imposer. Joint par tĂ©lĂ©phone, Marchegiani balaie poliment l’idĂ©e d’une manƓuvre exĂ©cutĂ©e dans le dos de Caucheteux («il Ă©tait d’accord», lĂąche-t-il aprĂšs un silence de cinq secondes) et qu’il justifie au nom d’un principe : «Si un rĂ©alisateur me dit que c’est le film qu’il veut prĂ©senter, alors c’est ainsi.»

«Manque de clarté sur la version finale»

A ce stade, les rĂ©cits divergent. Certains nous parlent d’un engagement de la Quinzaine des cinĂ©astes Ă  montrer le film en mai, sur lequel la sĂ©lection serait finalement revenue Ă  la suite de l’avancement de la commission d’enquĂȘte menĂ©e par Sandrine Rousseau sur les violences commises dans le secteur du cinĂ©ma, oĂč figure Ă  plusieurs reprises le nom de Kechiche. La Quinzaine aurait alors rĂ©clamĂ© des garanties afin d’anticiper d’éventuelles polĂ©miques, et notamment une validation du film par OphĂ©lie Bau et son agent Elisabeth Tanner, laquelle aurait opposĂ© une fin de non-recevoir enterrant les chances de Canto Due d’ĂȘtre montrĂ©.

«Mektoub, My Love: Intermezzo» (2019). (BBQ_DFY / Aurimages/BBQ_DFY / Aurimages)

Le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la sĂ©lection, Julien Rejl, donne une tout autre version des faits : «C’est en effet nous qui avons demandĂ© Ă  voir le film, qui nous a semblĂ© intĂ©ressant mais qui nĂ©cessitait selon nous encore un remontage. HĂ©las, Ă  partir de lĂ , il y a eu manque de clartĂ© sur la version finale, or nous n’acceptions pas d’avancer Ă  l’aveugle», ce qui vaut autant pour le film projetĂ© que pour la garantie d’engagement de ses partenaires financiers – un point pouvant sembler accessoire et pourtant lĂ©gitimement Ă©pineux, Canto Uno ayant dĂ©jĂ  vu, fait rarissime, sa sĂ©lection cannoise annulĂ©e en 2017 par un dĂ©mĂȘlĂ© avec la chaĂźne en coproduction France TĂ©lĂ©visions. Rejl tranche : «A la fin, un flou, plus un flou, plus un flou, c’était trop d’incertitudes.»

Rejl conteste avoir rĂ©clamĂ© l’avalisation de l’adversaire revendiquĂ©e de Kechiche, Elisabeth Tanner, autoritĂ© consultative qui lui aurait Ă©tĂ©, selon lui, proposĂ©e sur l’initiative de son interlocuteur Riccardo Marchegiani, lequel nie Ă  son tour. La nature de son rĂŽle soulĂšve Ă©videmment des interrogations dĂ©ontologiques sur la lĂ©gitimitĂ© d’un agent Ă  tirer les ficelles d’une programmation festivaliĂšre – elle revendique dans sa propre audition lors de la commission d’enquĂȘte avoir dĂšs 2024 «vĂ©rifiĂ© que ce film ne serait pas projetĂ© Ă  Cannes», sans prĂ©ciser par quels moyens, sur lesquels nous aurions souhaitĂ© l’interroger si elle avait acceptĂ© de nous rĂ©pondre. Quels qu’en soient les fondements, la rupture entre Kechiche et Bau demeure la grande blessure abĂźmant les films, et qui depuis 2019 n’a pu que sĂ©cher sans se refermer – il reste permis d’espĂ©rer un apaisement.

De film-vie Ă  film-tombeau

La surprise de la sĂ©lection Ă  Locarno, Ă  nouveau passĂ©e par Marchegiani qui rapporte avoir Ă©tĂ© approchĂ© par le directeur artistique du festival, Giona A. Nazzaro, mais dans une version de montage lĂ©gĂšrement Ă©laguĂ©e, n’en est qu’à moitiĂ© une tant le film ne pouvait plus se permettre de s’éterniser encore longtemps dans le development hell oĂč la cinĂ©philie commençait Ă  le croire emprisonnĂ© Ă  vie : les sommes engagĂ©es et l’état d’aboutissement du projet lui imposent une livraison coĂ»te que coĂ»te. Les diffĂ©rentes productions engagĂ©es ne peuvent s’offrir le luxe d’un deuxiĂšme film jetĂ© Ă  la poubelle. Du point de vue du public, et de la fan base de Kechiche, oĂč beaucoup tiennent Mektoub, My Love pour son chef-d’Ɠuvre, voire pour un prĂ©tendant Ă  un panthĂ©on plus grand encore de sommet du cinĂ©ma français contemporain, c’est Ă©videmment la perspective d’une Ă©piphanie.

Il serait pourtant difficile d’ignorer Ă  quel point les conditions d’accouchement du miracle espĂ©rĂ© ne peuvent que le colorer de nuances plus sombres – Ă  charge Ă  Mektoub, My Love : Canto Due d’inventer sa maniĂšre d’y faire Ă©cho. Car Ă  se replonger dans son «dossier», il est frappant de constater Ă  quel point le film-vie est devenu un film-tombeau jonchĂ© de carriĂšres Ă©teintes. Outre OphĂ©lie Bau, qui s’est Ă©loignĂ©e des plateaux depuis, il faut mentionner les Ă©poustouflantes Lou Luttiau et Alexia Chardard, interprĂštes d’un duo de vacanciĂšres central dans Canto Uno et Intermezzo et que le chemin douloureux du projet semble avoir privĂ©es de leur destin tout tracĂ© de rĂ©vĂ©lations, catapultĂ©es dans le cinĂ©ma français sur les traces de Sara Forestier, Hafsia Herzi et AdĂšle Exarchopoulos.

Le monde de Mektoub, My Love est une planĂšte parallĂšle qui a cessĂ© de tourner, orbite seule dans l’espace et s’apprĂȘte pourtant Ă  nouveau Ă  entrer en collision avec la nĂŽtre, rehaussĂ©e cette fois d’un degrĂ© inĂ©dit de mĂ©lancolie : un mĂ©ta home movie qui au paradis perdu d’une Ă©vocation rayonnante d’une jeunesse mĂ©ridionale en 1994 ajoute celui de son tournage en 2018. Comme si le film Ă©tait condamnĂ© Ă  porter le deuil de sa propre sensualitĂ©, faite de corps et de sourires depuis disparus dans l’anonymat ou divorcĂ©s d’un projet dont l’harmonie mythifiĂ©e Ă  l’écran n’est plus qu’une trace aussi solaire que funĂšbre. Et auquel ne survivrait pratiquement qu’un cinĂ©aste isolĂ© Ă  qui Ă©chappe dĂ©sormais la parole.

Triste toute cette histoire, Kechiche est un des plus grands cinĂ©astes actuels et Mektoub 1 un chef d’Ɠuvre.

Cool de savoir qu’on pourra enfin voir le 2, mĂȘme si j’aurais adorĂ© qu’il y ait un moyen de sortir Intermezzo

J’allais dire que c’est vraiment destinĂ© Ă  Beyond quoi.

7 ans depuis canto uno :pepe_stress:

chef d’oeuvre Ă©videmment

https://x.com/kangminjlee/status/1950958926922461615

stop

Dans le mĂȘme style je viens de dĂ©couvrir qu’il existe une opĂ©ration pour avoir des abdos :cathum:

En gros on t’enlĂšve de la graisse dans les fentes pour la rĂ©injecter dans les « carrĂ©s Â»

Mais quelle est cette folie ? :aulashaha:

23 ans et elle en fait desormais 45 :pepe_stress:

:pepe_stress:

Where Pixar once bet on creativity, with talking rats with culinary dreams and robots falling in love post-apocalypse, it now seems more focused on pleasing execs.

Oui j’ai l’impression que les Pixar qui marchent sont les films à concept.
Du moment oĂč le hĂ©ro est un petit garçon ou petite fille pour le public ce n’est qu’un Disney de plus.

Oulah je viens de voir que le prochain Paul Thomas Anderson sortait en Septembre. Film de 3h, Di Caprio, Sean Penn, Benicio del Toro. One Battle After Another
 :niaisbranl:

Hop une de plus dans la collection

wtf :mdr: