Jâai regardĂ© Ikiru
Encore un film trĂšs Ă©trangement rythmĂ©, le personnage principal meurt Ă la moitiĂ© et le reste du film est une suite de flashback Ă son enterrement⊠Jâai encore repĂ©rĂ© des cadres dans le cadre, qui semble ĂȘtre la seule vraie unitĂ© de ses films
Le film vaut 10/10 rien que pour la scĂšne mitsuo⊠mitsuo⊠mitsuo⊠(quâĂ©videmment je ne trouve pas sur internet). Peut-ĂȘtre mon prĂ©fĂ©rĂ© pour le moment ? MĂȘme si ça manque de samourai et de fantĂŽmes Ă mon goĂ»t.
Triste film qui est encore assez mal compris ? enfin en tout cas la maniĂšre dont on parle me parait assez dĂ©calĂ© avec la rĂ©alitĂ©, comme ciel et enfer. dâailleurs dans ma tĂȘte jâavais un souvenir beaucoup plus positif de lâhistoire, alors quâen rĂ©alitĂ© câest Ă se jeter dâun pont.
Câest un peu prĂ©sentĂ© comme Itâs a wonderful life dans lâimaginaire collectif, mais câest vraiment pas ça. Ca me parait plus comme une histoire sur la mĂ©diocritĂ© de lâhomme et sur sa lĂąchetĂ© (en bon amateur de dosto quâil est).
On se retrouve encore avec un personnage principal assez connard, un mec qui a passĂ© 30 ans comme fonctionnaire Ă strictement rien foutre, et qui face Ă sa mort prochaine, dĂ©cide dâenfin faire quelque chose de ses 10 doigts. Au final il arrive Ă faire construire un parc pour enfants, malgrĂ© les blocages des autres administrations (et des yakuza) donc tout est bien qui finit bien.
Mais en rĂ©alitĂ© la morale du film semble bien plus sombre : dĂ©jĂ il aura fallu une mort certaine pour que notre personnage principal sâintĂ©resse aux autres (dont son fils, mais on y reviendra plus tard), et fasse rĂ©ellement son travail correctement, mais câest surtout la rĂ©sistance administrative (qui est une façade) et le debrief Ă lâenterrement qui jettent un voile sur cette fable.
En gros ses collĂšgues commencent Ă comprendre son geste au fur et Ă mesure quâils se bourrent la gueule, et alors quâils lui crachaient dessus au dĂ©but (pour faire plaisir au maire) ils finissent par se jurer de suivre son exemple et de vraiment bien faire leur travail. Alors quâil aurait pu simplement laisser ce flottement plein dâespoir, la scĂšne dâaprĂšs reprend au bureau, oĂč les habitudes reprennent, tout le monde a oubliĂ© lâexemple de Watanabe, et recommence Ă rien faire.
Une lĂąchetĂ© appuyĂ©e Ă lâenterrement, oĂč ils trouvent toutes les excuses pour expliquer leur mĂ©diocritĂ© (câest la terrible pieuvre administrative), alors que câest juste des salauds. Dâailleurs câest vaguement suggĂ©rĂ© quand un des persos explique sa motivation par sa mort prochaine, et un autre lui rĂ©pond « dâun autre cĂŽtĂ© on peut tous mourir demain »
Une lĂąchetĂ© dans laquelle se rĂ©pend largement le perso principal, qui « utilise » la mort de sa femme pour justifier dâavoir nĂ©gligĂ© son fils pendant des annĂ©es. Dâailleurs, encore une preuve Ă ajouter dans le dossier « Kurosawa est un aussi gros tarĂ© que Miyazaki avec le concept de famille », puisque lĂ , au lieu de se rabibocher avec son fils (qui a tournĂ© connard lui aussi, sa femme jâen parle mĂȘme pas. Dâailleurs faudrait faire le compte Ă la fin, mais tous ses personnages fĂ©minins sont soit des dĂ©mones responsables du chaos sur terre, soit des midinettes qui ferment leur gueule), il dĂ©cide de ne rien lui dire et juste de lui donner de lâargent. Au final le parc est une Ă©niĂšme lĂąchetĂ© de sa part, ça lui permet dâĂ©viter de rattraper ses erreurs avec son fils.
Pour le coup jâai lâimpression que le self insert de kurosawa reste assez light (mĂȘme si lui aussi ses relations avec ses enfants Ă©taient lĂ©gĂšrement tendus jusquâĂ la mort de sa femme), et je trouve le cĂŽtĂ© niais globalement maitrisĂ©, ou en tout cas prĂ©sentĂ© avec assez de cynisme pour quâon ne le prenne pas au premier degrĂ©.
Bref beaucoup de gens sortent de ce film en se disant « ça donne envie de vivre ! », mais ils nâont certainement pas compris quâils sont comme les connards de collĂšgues Ă la fin qui iront se coucher et auront oubliĂ© le lendemain.
Un film profondĂ©ment dĂ©pressif, quâon ressent dĂ©jĂ avec ses errements dans la premiĂšre partie du film, oĂč il sâadonne Ă tous les plaisirs humains en une soirĂ©e, avant de se rendre compte que tout ça est complĂštement creux et sans intĂ©ret. Dâailleurs et lâĂ©crivain et la fille marrante disparaissent de sa vie (alors quâils savent quâil est malade), et son frĂšre en a rien Ă battre.
Morale de lâhistoire : la famille câest de la merde, les amis nâexistent pas, les gens sont cons et nous-mĂȘme on pourrait faire des trucs cools mais au final on est lĂąche, et on se sâen rendra peut-ĂȘtre compte que 5mn avant de pouvoir plus rien y faire. Allez salut !