Comment définir MOUSE: P.I. For Hire?
À la croisée entre Doom et Steamboat Willy, et servi sur un plateau par le petit studio polonais Fumi Games, Mouse s’est glissé par un trou de souris dans un calendrier de sortie JV début 2026 assez morne.
Notre faux film noir débute dans une Amérique des années 30 peuplée de rongeurs. Notre héros, Jack Pepper (dont la voix est portée par l’insaisisable Troy Baker) se saisit de plusieurs affaires qui sentent le moisi …
Bien qu’il reste principalement un FPS qu’on lancera pour faire parler la poudre, le jeu dispose d’assez de lignes de dialogue pour remplir un tome ou un caillé entier.
C’est toute une ribambelle de partenaires que Jack va se coltiner, et qui seront indéniablement ses amis pour la vie. Une musaraigne tenancière de bar aux goûts alimentaires douteux, un politicard de carrière aspirant à devenir maire (voir Président?), des indics douteux …
Relativement bien écrits et joués, jonglant tantôt sur les clichés du genre et sur le brisage du quatrième mur, on est loin du syndrome shitty friends et les conversations se suivent agréablement. Des personnages, des fois, dévoués et sincères, d’autres fois, laid et mental.
Non monsieur Mélenchon, ne me demandez pas comment prononcer le nom de ce personnage.
Franchement bien Disney
En termes de réalisation, la montagne n’a pas accouché d’une souris! Le rustique décor en met plein les yeux, avec des sprites dessinés et animés avec un brin d’amour pour le genre et les sources.
On ne se lassera pas des mouvements fluides et dignes d’un flan de nos pétoires, ni de voir nos ennemis se faire presser en tartare de rongeur.
Les décors dégoulinent de références et de mini-gags, et on s’arrête souvent entre deux escarmouches pour dénicher des secrets et des mises en scène Looney Tunesque bien cachés.
Au menu des décors, pas mal de variétés, puisqu’on passera de la ville aux champs, de la mare aux halles.
Assez gore le gonze, haut, là.
Un mot rapide sur la bande-son, très plaisante entre swing et jazz, compositions originales, reprises et insertion intelligente de certaines musiques libres de droit. Cependant, attention, contrairement aux rumeurs, l’OST n’a pas été écrite par Bertrand Cantal.
Pistodoigt et Armes ACME
L’argument de vente principal de Mouse restera cependant sa partie shoot, avec un gameplay aux goûts affinés. Après l’apéro poussif des premiers niveaux où l’on se contentera de transformer ses ennemis en gruyère avec un flingue basique, l’arsenal de Jack s’ouvre rapidement pour notre plus grand bonheur.
Si on fait principalement parler notre Thompson en vidant ses chargeurs camembert, nos amis et autres visites de laboratoires secrets dignes d’ACME nous donneront accès à tout type d’armes expérimentales.
Jack se retrouvera à pasteuriser ses ennemis et à les changer en fondue via toute une panoplie d’instruments interdits par la Convention de Genève.
Il bénéficiera aussi de divers boosts de mouvements au fil de l’aventure : dash, double saut, queue qui lui servira à planer, wallruns… Ajouté à des arènes jonchées de pièges à souris, cela donne des confrontations dynamiques bien qu’un peu, mais rarement, confuses.
On devra aussi composer avec la dispersion de nos balles et le caprice des dieux de la chance. Un défaut qui peut être corrigé grâce à des améliorations de nos flingues et à la découverte de plans secrets répartis à travers les niveaux.
Un petit regret, cependant : des décors très statiques, en dehors de quelques bries de glace et de quelques caisses à péter.
Le topic Biohazard après y avoir expliqué pourquoi RE4R est meilleur que l’original
Jack Pepper : une petite souris au cœur de lion
Arrêtons-nous deux minutes sur notre héros plus fort que le roquefort.
Vétéran de la Première Guerre Mondiale, Jack n’est clairement pas un bleu (sauf dans ses relations avec les femmes, cliché oblige). Durant les missions, il ne lésinera pas sur la petite phrase qui fait mouche entre deux flingages.
Une fois de retour en ville, il passera son temps à interroger ses proches, l’air amer, et à accrocher ses preuves dans son bureau de détective. Malheureusement, ces enquêtes ne sont finalement que des prétextes pour faire avancer l’histoire et ne demanderont pas vraiment de se creuser la tête.
Des puzzles aussi compliqués que la situation au Moyen-Orient
Trop de dialogues, je Mont d’Or.
Mouse n’a cependant pas toute l’onctuosité qui aurait pu la porter aux nues.
D’abord, il ne faudra pas être pressé pour venir à bout du jeu, puisque j’ai compté 17 heures à explorer au mieux les divers recoins de Mouseburg. Un poil longuet, tant Mouse est dense, avec des niveaux qui durent, durent.
Faute aussi à un jeu très bavard pour un FPS d’action.
Côté exploration, malgré des secrets plaisants à trouver, il faut faire avec la répétitivité du mini-jeu de crochetage, qui pourra en rendre chèvre plus d’un, tant il est simple et redondant. Et les objets à collectionner sont là pour endormir le mulot, puisque seuls les plans d’amélioration seront utiles, le reste étant purement cosmétique.
Enfin, on ne pourra pas faire l’impasse sur les boss avec des barres de vie dignes de Munster Hunter. Les bagarres se renouvellent et sont souvent originales dans leur mise en scène, mais s’étendent des fois trop (le boss final…), au point de l’indigestion.
Soignon notre conclusion.
Après quelques années de développement discret, Mouse est arrivé à maturité.
Son ambiance, sa DA extra-âgée et la qualité du shoot le positionnent sur la crème de la crème, et rendent le premier jeu de Fumi Games un coup de cœur personnel indéniable.
Cependant, certains aspects (redondant, bavard et mini-jeux ratés) pourraient venir gâcher l’expérience de certains, même s’il n’y a pas de quoi choper la listériose.
Mouse reste une performance et un titre bienvenu sur la scène actuelle, qui lait cru?
(Test réalisé sans aucune IA
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